En savoir plus sur les rubis dans une montre

Un peu de théorie aujourd’hui… Nous parlerons des rubis dans une montre. Vous savez ces petites pierres rouges qui sont visibles sur le mouvement, et qui sont très utiles en plus d’être esthétiques.

Un peu d’histoire

Ne commencez pas à démonter toutes vos tocantes pour espérer revendre les pierres, celles-ci sont faites en corindon synthétique. Avant 1900, les montres étaient munies de vrai rubis. Mais en 1902 Mr Verneuil Auguste a inventé le procédé de fabrication des rubis de synthèse. L’horlogerie a donc profité de cette nouveauté. La plupart des pierres dans les mouvements sont de couleurs rouges, c’est simplement la charge d’oxyde durant la fabrication qui donne ce résultat, mais il est possible de trouver d’autres couleurs comme des pierres blanches.

Mais pourquoi un rubis dans une montre

Sachant que les horlogers cherchent à tous prix à diminuer les frottements pour améliorer les performances des mouvements, et le rubis ayant un coefficient de frottement très faible, il est parfait pour cette fonction. Sa dureté permet une usure plus faible dans le temps. Les pierres sont fixées par chassage dans la platine et les différents ponts. Et deux pierres sont donc nécessaires (une dessus et une dessous) pour chaque mobile, ainsi que pour les autres éléments qui ont besoin de tourner avec le moins de frottement possible, comme l’ancre et le balancier.

A quoi ressemble le rubis dans une montre? Pour les mobiles, pour faire simple, c’est une petite rondelle percée en son centre pour accueillir le pivot. La plupart d’entres elles comportent une cavité appelée huilier qui permet de déposer de l’huile. La pierre aura donc aussi le rôle d’un petit réservoir de lubrifiant.

D’autres éléments faits en corindon synthétique sont présents dans la montre, comme les palettes de l’ancre qui seront parallélépipédiques et l’élipse du balancier qui est en forme de demi cylindre, ces pierres-ci ont un tout autre rôle dans le mouvement… nous développerons certainement ce sujet lors d’un futur article. Pour l’heure restons concentrés sur les pierres qui permettent le pivotement des composants. Les systèmes antichocs en font partie.

Les systèmes antichocs

Qu’est ce que le système antichocs? Vous le savez surement, une montre mécanique reste fragile, mais sur le mécanisme, il y a un élément plus fragile que les autres et vital pour le fonctionnement de votre montre : Le balancier et ses pivots. Pour les protéger lors d’une chute involontaire ou lors de mouvements brusques de votre montre, des rubis « classiques » n’étaient pas suffisant. Les pivots de balancier étant les plus petits en diamètre de 0.06 à 0.13mm (environ), ceux-ci sont très fragiles. Il a donc fallu penser à un système qui permet d’absorber les perturbations et de limiter au maximum la casse ou déformation de ceux-ci. Grâce à ce système, la pierre pourra se déplacer dans le bloc, à la suite d’un choc, et revenir à sa position d’origine/initiale grâce au ressort qui la maintient.

système INCABLOC sur une pièce de 1 centime d’euros

On trouve différents modèles et certaines marques de montres possèdent leur propre système, mais le principe reste le même… Le système Etachoc de chez ETA, le modèle Diashock de chez Seiko, ou encore le Parashock de chez Citizen. Enfin le système Incabloc qui est une marque très souvent utilisée par de grands noms de l’horlogerie et d’autres.

Le système se décompose en 5 éléments distincts : le bloc, qui sera chassé dans la platine ou le pont, le chaton qui viendra s’y loger et dans lequel la pierre à trou (pierre olivé bombé) sera chassée ou sertie, le contre pivot sera positionné par dessus et pour maintenir le tout la lyre (le ressort) viendra se fixer dans le premier élément : le bloc. Pour un aperçu visuel cliquez ici.

Les deux pierres sont positionnées l’une sur l’autre, et entre les deux on trouve une toute petite goutte d’huile qui leur permettra d’adhérer l’une à l’autre et de dispenser une lubrification pour parfaire le pivotement et éviter l’usure. Deux assemblages de ce type seront nécessaires pour le balancier, un dessous sur la platine, un dessus sur le pont. Le démontage de systèmes antichocs sur le pont de barillet est délicat, nous en parlerons en détail lors d’un futur article…

système ETACHOC

Attention au démontage des systèmes antichocs

Lors du démontage du système anti chocs sur la platine, pour le nettoyage des pierres, il peut arriver que la lyre sorte de son emplacement… Si cela vous arrive, ne désespérez pas. Il est possible de la remettre en place grâce à de la dextérité, un peu de patience et de l’outillage bien sûr.

Comme souvent, une vidéo sera certainement plus claire que des mots. Voici donc une vidéo qui vous présente comment sortir les pierres sur deux systèmes, l’Incabloc et l’Etachoc. Les deux systèmes proviennent de mouvements ETA. Vous verrez également comment remettre la lyre qui est sortie de son emplacement. Car, sur le système Incabloc, il sera difficile voir impossible de la repositionner sans un démontage complet du bloc. Donc commencez par déchasser le bloc, puis enlever les pierres en les mettant bien de côté. Puis venez mettre en place la lyre dans le bloc et refermez là. Rechassez le tout. Ouvrez la lyre en prenant garde qu’elle ne se sauve pas une deuxième fois. Puis remettez les pierres en place avant de verrouiller la lyre.

Voilà pour les pierres! N’oubliez pas de cliquer sur le pouce bleu en dessous de cet article! Et à très vite pour un nouveau sujet horloger! Si vous avez des idées, n’hésitez pas à nous laisser un commentaire!

Et comme toujours, soyez à l’heure…😉

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