Comment s’est passée la révision de l’Omega De Ville ?

Aujourd’hui, on entame une nouvelle révision, et là, c’est au tour d’une Omega De Ville de 1967. Elle attendait sagement dans les tiroirs depuis un bon moment. Avant de plonger dans les détails de la révision, un bref rappel sur l’histoire de la collection Omega De Ville s’impose. Restez avec moi, je vais tout vous raconter et j’aurais même une astuce pour pouvoir facilement dater une Omega…

Un bout d’histoire

Inutile de se perdre dans les méandres de l’histoire d’Omega, c’est un chantier qui nécessiterait plus qu’un simple article. Concentrons-nous plutôt sur ce qui occupe actuellement mon établi : la Omega De Ville.

Un petit saut dans les années 1960, quand le terme « De Ville » s’est incrusté sur les cadrans des Seamaster. À l’époque, ces montres avaient le regard fixé sur le marché américain, conçues pour être portées au quotidien avec une touche d’élégance.

Le succès était tel que Omega a séparé les deux mentions pour créer ce qui est aujourd’hui encore la gamme De Ville. Des pièces plus fines, plus chic que les autres, qui ont su charmer une nouvelle clientèle face à un choix de modèles à donner le tournis. La De Ville s’est déclinée en tous genres, de quoi satisfaire les préférences de chacun.

De quel année est cette montre ?

Cette question revient fréquemment… De quand date ma montre ? Ce qui est pratique avec certaine marque, c’est qu’il est possible de le savoir assez facilement. Comme avec Omega par exemple, il suffit de lire le numéro qu’on trouve sur le mouvement et de se référer au tableau. Ce tableau se trouve très facilement sur le net. Voici un site sur lequel vous pourrez contrôler le numéro de série et déterminer l’année de fabrication de votre montre.

Je met ici la partie avec les années 60 :

Année de fabricationNuméro de série
1960 17,000,000 – 17,999,999
1961 18,000,000 – 18,999,999
196219,000,000 – 19,999,999
1963 20,000,000 – 20,999,999
1964 21,000,000 – 21,999,999
1965 22,000,000 – 22,999,999
1966 23,000,000 – 24,999,999
1967 25,000,000 – 25,999,999
1968 26,000,000 – 27,999,999
196928,000,000 – 29,999,999

Celle que je révise date de 1967, la référence gravée sur le pont de barillet est le 25 887 397.

La révision

Contexte

Voici le contexte pour que vous puissiez comprendre la suite. Sur la vidéo, il manque la partie où je retire le mouvement du boitier. L’explication est simple (mais longue). La montre traine depuis des années dans un tiroir. Le boitier est vraiment très usé. Il a fallu trouver une personne capable de le refaire, et comme bien souvent, pour un prix raisonnable. J’ai trouvé cette personne, c’était Joris Lecalonec. Mais il m’a conseillé pour limiter les frais de trouver un autre boitier. Le temps qu’il aurait passé sur mon boitier m’aurait couté plus cher que d’en trouver un autre.

Parfait, et en plus il me donne un lien vers un boitier sur Ebay. La seule problématique, c’est que le boitier est en acier, et celui d’origine en plaqué or… J’expose le « problème » à Joris et il me dit qu’il peut faire un plaquage or dessus. Je ne cherche pas plus loin et je le fais envoyer directement chez lui.

Et j’en ai profité pour lui demander s’il voulait bien faire une vidéo sur le plaquage. Je vous remets la vidéo ici pour ceux qui ne l’aurez pas encore visionnée.

La révision

L’état avant démontage

Comme d’habitude, et avant de démonter tout cela, je regarde le fonctionnement du mouvement. A priori, le mouvement est en bon état, les fonctions de remontage et de mise à l’heure se font parfaitement.

Il reste à contrôler les performances avant de mettre en pièce cette Omega De Ville. Et là, « bonne surprise », le réglage est encore très bien avec une amplitude assez faible. En même temps, ça paraît logique que l’amplitude ne soit pas folle, la dernière révision doit dater d’avant l’an 2000…

Et côté esthétique, le cadran est légèrement abîmé, la montre a pris l’humidité et le vernis (zapon) commence à s’enlever. Malheureusement, je ne peux rien y faire. Si je tente quelque chose, je ferai pire que mieux, donc ça ne bougera pas. Et au niveau des aiguilles, la peinture noire de l’aiguille DES HEURES est cassée, je vais donc tenter de la refaire. Pour cela, il faudra être minutieux, il ne faudra pas que je touche le lume qui est encore présent même s’il n’est plus très lumineux.

Les personnes qui ont lu cet article ont aussi lu :  Lip R148, un mouvement électromécanique

Le démontage

Lors du démontage, je constate pas mal d’oxydation. Heureusement, les pièces touchées n’auront pas d’impact sur les performances du mouvement. L’oxydation est principalement située sur les pièces du mécanisme de remontage et de mise à l’heure. Par chance, le reste et surtout les pivots du rouages sont intacts.

Sinon, pas grand chose d’autre, simplement qu’il y a eu beaucoup de cambouis au niveau du ressort de barillet. Mais très peu d’usure voire pas du tout sur les composants les plus importants.

Le nettoyage

Dans l’ensemble, ça s’est bien passé. J’ai pris plus de temps pour éliminer la rouille sur les composants oxydés.

Pour le reste, l’essence C a fait le job parfaitement ! Donc je n’aurai pas grand-chose à raconter. Il faut juste penser à bien nettoyer l’intérieur des trous des pierres et les pivots.

L’assemblage

Même ici, tout s’est passé très facilement, en 1 heure, le mouvement était assemblé. J’ai quand même fait quelques retouches…

Tout d’abord, j’ai remarqué que l’ébat de l’arbre du barillet est un peu fort. L’astuce est dans la vidéo mais voici comment procéder :

  • Enlever le couvercle de barillet
  • Le poser pour qu’il repose sur son pourtour et que le centre soit dans le vide. Le côté de extérieur vers le haut
  • Appuyer à l’aide du buchette au centre du couvercle pour le déformer
  • Remettre le couvercle est contrôler
  • Refaire l’opération si l’ébat est toujours trop grand.
  • Et si il est trop faible, je ferai une vidéo pour cela. Ca va pas être simple à l’écrit😋

La deuxième retouche que j’ai faite, c’est sur le spiral. Il est bien décentré et malgré un réglage de base plutôt bon, c’est nécessaire.

Pour les autres composants, le mouvement est très facile à assembler. Les lyres ne m’ont pas posé de problème cette fois 😅!

Le réglage

Comme le reste, le réglage est rapide ! Les valeurs sont très bonnes sans faire grand-chose. Il n’y a que l’amplitude qui est un peu faible, malheureusement. Je ne vais pas changer le ressort, sachant qu’en plus la réserve de marche est bonne. Sur le papier, le mouvement est censé tenir 48 heures. Elle a tenu tout juste les 48 heures… Le ressort méritera d’être changé lors de la prochaine révision.

L’habillage

Retouche des aiguilles

Comme je l’ai dit au début de l’article, l’aiguille des heures a un manque de peinture. Je décide de faire une retouche et, pour cela, il faut d’abord que j’enlève proprement la peinture restante. Ensuite, je pose par le dessous de la peinture noire brillante que j’ai trouvée sur Amazon ; il s’agit de peinture pour maquette. La pose se fait comme pour la pose du lume. Voici un article sur la pose de ce produit phosphorescent : Aiguille de montre phosphorescente : comment les refaire ⋆ Montre l’heure (montre-l-heure.fr).

Emboitage

L’emboîtage avec ces boîtiers monoblocs est simple. Il suffit de poser le mouvement au niveau des encoches prévues à cet effet et de tourner le mouvement jusqu’à sa position finale. Ensuite, je clipse la tige et remets le verre en place. Pour remettre le verre, j’ai utilisé la presse à volant. Il faut bien observer, car une fois que le verre est en place, il ne faut pas presser davantage au risque de le casser. Et pour terminer cette révision, j’ai remis le bracelet, qui est en bon état, pour tester cette tocante à mon poignet.

Le test au poignet

Aucun souci à relever, la marche de la montre est assez fidèle aux résultats observés sur le chrono-comparateur. De plus, la finesse de la montre est très agréable à porter.

Vidéo

Maintenant que je vous ai tout raconté, voici la vidéo complète de cette révision de l’Omega De Ville. J’espère que cela vous plaira et n’hésitez pas à laisser un commentaire si vous avez la moindre question ou simplement pour passer le bonjour !

https://youtu.be/M0tVBRTBmco

Encore une révision terminée, et on passe à la prochaine. Et on se retrouve dans une semaine pour un nouvel article.

En attendant, rester à l’heure.

Si vous avez aimé, vous êtes libre de le partager...

Un avis, une idée , une question... Laissez nous un petit mot!